quelques repères fragmentés
* Quand j’étais jeune j’étais l’absence. Je n’y étais pas.
Je ne pliais ni les draps, ni mon corps, je ne pliais pas
mes cheveux, je ne pliais pas mon dos, je ne pliais rien.
* Quand je dors, je suis lynx, celui qui se cache, qui ferme les yeux pour qu’on ne le voit pas et déguste les oranges, une à une, en exprimant le parfum de leurs pelures avec ses griffes.
* Chaque fois que j’y pense, je meurs de honte, je pourrais mourir d’autre chose mais c’est de honte.
* Parce que je suis une femme, parce que je suis une femme à la retraite, j’ai tous les âges en moi, le sien, le tien, le leur, tous, jusqu’à un certain point.
* Si je suis fatiguée, si je suis triste et désespérée, pessimiste, si je suis sûre que ça va mal se passer, si je suis persuadée que tout va foirer, c’est parce que j’ai toujours été comme ça, profondément optimiste, sûre de moi, certaine que ça va le faire, qu’il n’y aura pas la guerre, que je vais bien, que tout va bien, que ça va.
* Quand je serai au bout de ma vie, à l’extrémité du fil de soi, hé bien, je ne le saurai pas.
Et toi non plus.
*
A partir des propositions d'écriture d'Anne-Claire ANDERSEN, @anneclaireandersen
